Agression négrophobe à Cergy : son auteur interpellé

 Agression négrophobe à Cergy : son auteur interpellé

Joseph, livreur noir pour la société Uber Eats, a subi une violente agression négrophobe ce dimanche 30 mai devant le restaurant « Le Brasco » à Cergy Pontoise (Val-d’Oise) alors qu’il récupérait une commande. L’agresseur, qui a été interpellé aujourd’hui à Paris, avait de même proféré des injures racistes et négrophobes à l’encontre d’une riveraine témoin de l’altercation, qui a filmé la scène depuis sa fenêtre.  

Alors qu’il venait récupérer une commande au restaurant, Joseph a été violenté par un jeune homme qui lui demandait d’éteindre sa musique : « Si t’éteins pas, je te défonce », a-t-il prévenu avant d’asséner ses premiers coups. C’est à ce moment que la voisine décide de filmer la scène, après avoir entendu les cris du livreur. « Quand je suis allée voir, j’ai vu une personne qui était étalée, toute en sang », raconte-t-elle.  

Sur la vidéo de l’agression, devenue virale sur les réseaux sociaux, on entend l’agresseur se revendiquer algérien et proférer des insultes négrophobes faisant référence à l’esclavage : « espèce de négresse, espèce de sale noire » ; « pendant 800 ans on vous a vendus comme du bétail » …

Le livreur a par la suite été pris en charge par les pompiers et présentait plusieurs blessures.

Trois plaintes ont pour l’heure été déposées, de la part du livreur, de la femme témoin de la scène et du gérant du restaurant, qui se dégage de toute responsabilité. Sur sa page Facebook, il assure que l’agresseur n’est pas un employé de l’établissement. Mais ces propos sont remis en doute par plusieurs personnes qui ont affirmé avoir vu le jeune homme plusieurs fois au restaurant, et appellent au boycott de celui-ci. 

Capture d’écran de la page du restaurant sur Facebook

La Brigade Anti Négrophobie (BAN) a condamné cet acte, et a appelé à un rassemblement devant le restaurant où s’est déroulée l’agression. Près de 150 personnes ont répondu présents, ce lundi 31 mai, pour exprimer leur colère et soutien aux deux victimes. 

Pour l’heure, Marlène Schiappa, ministre déléguée chargée de la Citoyenneté a réagi dans un tweet au sujet de cette agression en indiquant étudier la possibilité d’un signalement au procureur de la République via l’article 40. 

Ces derniers temps, d’autres agressions racistes et négrophobes se sont produites, et ce n’est pas la première fois qu’elles concernent directement un livreur de la société Uber. Le 14 mai dernier, Yaya, alors qu’il est sur le chemin pour livrer une commande, reçoit un message raciste de la part de la cliente : « Dépêche-toi, esclave. Je vais te donner un centime parce que c’est ce que tu mérites ».  Le livreur décide de porter plainte. Dans un témoignage, il assure que la dame a sa photo sur l’écran, « c’est pour ça, elle sait que je suis noir ».  

La média AJ+ France a de même relaté, ce lundi, un témoignage d’une autre agression à caractère raciste. Benjamin Kingombe, jeune homme noir, a été victime d’insultes racistes et négrophobes de la part d’un propriétaire d’un appartement dans le 16ème arrondissement de la capitale. La victime souhaitait louer l’appartement pour demander sa copine en mariage, mais s’est vu refuser l’accès. Dans un appel enregistré, on peut entendre le propriétaire faire référence à l’esclavage : « Organisez vos soirées dans vos putains de bidonvilles dégueulasses et arrêtez de venir faire ch*** les gens dans les quartiers chics » ; « Non seulement vous vous êtes pris 400 ans d’esclavages dans le c** mais ça ne vous a pas servi de leçon. Vous êtes d’une bêtise mais quand même exceptionnelle ». Le propriétaire continue, tenant des propos d’une extrême violence : « Est-ce que vous pensez vraiment que les Noirs ont accès à la justice, on vous tue, on vous viole, on vous tabasse, on vous insulte. Est-ce qu’une fois un policier s’est fait condamner pour avoir tabassé un Noir ? Non ». 

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