Belgique : le Parti Socialiste pour l’interdiction des signes convictionnels dans la fonction publique

 Belgique : le Parti Socialiste pour l’interdiction des signes convictionnels dans la fonction publique

Belgique : le bureau du Parti Socialiste s’est enfin prononcé sur la question du port du foulard, qui fait débat depuis plusieurs semaines dans le pays. Il annonce par voie de communiqué vouloir interdire le port de signes convictionnels dans le secteur public, pour les agents « en contact avec le public » exerçant des « fonctions d’autorité ».

La question du port du foulard alimente les débats politiques en Belgique depuis plusieurs semaines, notamment après la condamnation de la STIB (Société des transports intercommunaux de Belgique) de « discrimination fondée sur les convictions religieuses et sur le genre ». Cette affaire a en effet agité le monde politique et divisé les partis belges.

« Après des décennies d’atermoiement, le PS estime que le temps est venu d’adopter une législation claire et de portée générale », peut-on lire au début du communiqué. Pour le parti, il faut défendre le principe de la neutralité de l’État : « Dans cet esprit, le PS considère que le port des signes convictionnels doit être interdit dans le secteur public pour tous les agents qui exercent des fonctions d’autorité, c’est-à-dire des fonctions de décision et de contrainte, et qui sont en contact visuel avec le public ».

Le PS estime par ailleurs qu’il reste à déterminer quelles sont les fonctions qui doivent faire l’objet de l’interdiction des signes convictionnels. Une liste devra « être dressée et annexée aux actes légaux et réglementaires ».

La décision du parti sous le feu des critiques

Cette prise de position a entraîné de vives critiques. Le CAL (Centre d’Action Laïque), s’est « étonné » de cette proposition, « difficilement praticable » selon l’association. « A suivre le PS, un fonctionnaire au guichet n’exerçant pas de fonction d’autorité pourrait porter un signe convictionnel tout comme une personne exerçant une fonction d’autorité qui ne serait pas en contact avec le public. Poussée au bout de sa logique, elle aurait pour effet qu’un même fonctionnaire, en fonction des tâches qu’il exerce durant la journée, pourrait à certains moments porter un signe convictionnel tandis qu’à d’autres moments pas ».

Pour le MR (Mouvement Réformateur), nulle intention de soutenir le PS. Dans un thread sur Twitter, Georges-Louis Bouchez – président du MR, juge la position du parti « incohérente », « impraticable » et « hypocrite ». « C’est aussi un potentiel cheval de Troie pour le futur qui bafoue dès maintenant la neutralité de l’État », a-t-il ajouté.

Le président libéral considère que « cette position est plus proche de la vision communautariste d’Ecolo que de la neutralité ».

Pour Denis Ducarme – député fédéral, le PS « abandonne son héritage laïc et tourne le dos à une part de son histoire ».

François De Smet – président de Défi (Démocrate fédéraliste indépendant), a quant à lui considéré que la prise de position manque de clarté.

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