Canada : Justin Trudeau lance un sommet national sur l’Islamophobie aujourd’hui

 Canada : Justin Trudeau lance un sommet national sur l’Islamophobie aujourd’hui

Le Canada tient aujourd’hui, jeudi 22 juillet, un sommet fédéral sur l’islamophobie, événement annoncé par le gouvernement le mois dernier. Celui-ci intervient à la suite des nombreuses attaques islamophobes commises ces derniers mois temps dans le pays, notamment dans la province de l’Ontario.

Le sommet sur l’islamophobie prévoit de rassembler des dirigeants communautaires et politiques, des universitaires ainsi que des militants. C’est la communauté musulmane à Ontario qui en avait exigé la tenue, et ce suite à la suite de l’attaque qui a coûté la vie à quatre membres de la famille Afzaal, le 6 juin dernier à London.

En prévision de l’événement, le Conseil National des Musulmans Canadiens (CNMC) a formulé, lors d’une conférence de presse qui s’est tenue lundi dernier, 61 recommandations politiques adressées aux élus des gouvernements fédéral, provincial et municipaux.

Une stratégie de lutte contre l’islamophobie

Les directives du CNMC proposent « la mise en place de différentes mesures comprenant une stratégie de lutte contre l’islamophobie au sein de la fonction publique et de la société canadienne en général », a affirmé Mustafa Farooq, directeur général du Conseil.

Ces recommandations comprennent :

–          Une formation de sensibilisation sur l’islamophobie pour les juges ;

–          Accorder un financement pour mieux protéger les lieux de culte musulmans ;

–          Une réforme du Code criminel pour y renforcer les peines prévues et mieux faire face aux crimes haineux dont ceux commis sur la toile et les réseaux sociaux ;

–          La création d’un bureau d’envoyé spécial pour lutter contre l’islamophobie ;

–          L’introduction de l’enseignement de l’islamophobie dans les écoles

–          Le lancement de campagnes municipales contre le racisme

Madame Nusaïba Al-Azem, avocate et deuxième vice-présidente de la mosquée de London, a également appelé Ottawa, lors de la conférence de presse, à « intervenir dans tout recours lancé à l’avenir devant les tribunaux contre la loi 21 ». Cette loi, adoptée en fin avril dernier par la cour suprême, stipule l’interdiction du port de tout signe religieux à certains employés relevant du gouvernement lorsqu’ils sont dans l’exercice de leurs fonctions. Le CNMC a déclaré que « la loi affecte de manière disproportionnée les femmes musulmanes ainsi que les juifs et les sikhs ».

« Il n’y a aucune excuse à l’inaction », a déclaré Madame Al-Azem. « Le sommet ne devrait pas être considéré par les politiciens comme un événement isolé […] c’est simplement un moyen à partir duquel nous attendons des changements tangibles à tous les ordres de gouvernement », a-t-elle ajouté.

Pour Mohamed Labidi, ancien directeur du Centre culturel islamique du Québec « la recommandation pour augmenter la surveillance des discours haineux en ligne devrait être une priorité du gouvernement fédéral ». « Renforcer les lois de lutte contre la haine dans les médias sociaux, ça urge beaucoup, parce que ça crée les terroristes qui passent à l’action », a-t-il souligné.

Mustafa Farooq, directeur général du CNCM, a enfin fait savoir aux gouvernements participant au sommet, que les membres attendent d’eux un document présentant leurs engagements. Mais aussi, un rapport remis 60 jours après le sommet, avec des échéanciers clairs pour la réalisation des promesses.

Un événement similaire s’est tenu hier : le sommet national sur l’antisémitisme, qui avait pour vocation de « mieux comprendre l’omniprésence de l’antisémitisme au Canada et de déterminer des mesures que le gouvernement du Canada peut prendre pour aborder les questions clés des communautés juives ».

À lire aussi

.